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Éducation : sans diplôme de fin de formation depuis plusieurs années, les recalés des ENI du Bénin appellent le Président Talon et le ministre Salimane au secours

par Rollis HOUESSOU - 24 janv. 2023
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Le ministre des enseignements maternel et primaire Salimane Karimou

Au Bénin, il n’est désormais plus possible de devenir un instituteur sans avoir le Bac. Cette décision prise par le Conseil sectoriel pour le dialogue social (Csds), en sa session ouverte du 14 décembre 2017, vise à relever le niveau des enseignants sortants des Ecoles Normales d’Instituteurs (Eni), et par ricochet celui des apprenants. Une décision qui est entrée en vigueur depuis la rentrée académique 2018-2019. Seulement que, depuis la date d’entrée en vigueur de la mesure, les Ecoles normales n’ont plus fonctionné et leur recrutement a été suspendu. Face aux députés en 2020, le ministre des enseignements maternel et primaire, a expliqué ce qui a motivé cette suspension « La suspension du recrutement des normaliens en première année à l’effet d’améliorer la qualité de la formation des apprenants justifie le fonctionnement en phase transitoire des Eni et la non disponibilité des stagiaires pour combler le déficit en enseignants dans les écoles maternelles et primaires», avait expliqué Salimane Karimou. Ce pendant, cette suspension n'est jamais levée pour permettre à ces enseignants qui avaient déjà suivi toute la formation et toutes les procédures pour non seulement entrer en possession de leurs parchemins mais aussi, être déployés sur le terrain. 

 

C'est le cas des recalés de la promotion de 2014-2016, que ça soit du public ou privé, qui ont, à travers un message, crié leur ras-le-bol et appelé le Président Patrice Talon, le ministre Salimane Karimou et toutes les autorités concernées au secours pour l'obtention de leur diplôme. Plusieurs fois laissés sur les carreaux, ces instituteurs disent ne pas entrer en possession de leur diplôme de fin de formation quand bien même ils ont rempli toutes les conditions possibles. À défaut d'être déployés sur le terrain, ils invitent ces autorités à divers niveaux surtout leur ministre de tutelle à jeter un œil bienveillant sur leur cas afin que cette " injustice " soit corrigée. 

 

Lire l'intégralité de leur message 👇

 

GRANDE DOLEANCE DES RECALES DES ENI DU BENIN

 

Nous jeunes béninois passionnés de la fonction enseignante avions fait notre entrée dans les Ecoles Normales Publiques suite à un concours organisé par le gouvernement ou non pour nos collègues des Ecoles Normales Privées.Nous avions fait cette entrée en 2014 dans l'espoir de bien finir en 2016 la formation et de servir la nation en aidant nos frères et sœurs dans les écoles. Malheureusement, nous sommes laissés sous prétexte que nous n'avions pas réuni la moyenne nécessaire pour être déclarés admis.Cette promotion à trop souffert sur le terrain et a fini sans succès alors que nous avions fait la théorie de 2014 en 2015 dans les ENI et de 2015 en 2016 sur le terrain pour l'examen pratique, l'examen de fin de formation et celui de la soutenance.

 

Mais après tout ces efforts et souffrances de toutes ces années, c'est un petit nombre de personnes qui était libéré et la majorité est retenue pour reprendre la pratique à nouveau parce qu'il avait un manque criard d'enseignants dans les écoles du Bénin. Donc, nous sommes encore envoyés pour reprendre tout sauf la théorie. Avec le courage que nous donnaient quelques Conseillers Pédagogiques et Inspecteurs, nous les élèves maîtres et maîtresses remplis de vocation pour la fonction enseignante, avions repris tout en 2016-2017. À la fin de l'année on attendait nos attestations avec beaucoup d'impatience pour le test de recrutement lancé en 2017. Mais à notre grande surprise la situation s'est aggravée et nous nous sommes vus encore délaissés. Avec certitude, la liste des admis à la fin de l'année là était écrite main levée et collée dans quelques circonscriptions scolaires du Bénin. Nous sommes recalés pour la deuxième fois et notre espoir de servir la nation en première position est éteint. Cette promotion est la toute première qui a fait deux fois l'examen pratique, de fin de formation et la soutenance dont la finalité s'est soldée par un retour à la maison toujours sans le diplôme.

 

 Cependant, dans le but de combler les vides qui sont sur le terrain, l'État avait recruté des bacheliers qui n'ont suivi aucune formation au détriment de nous. Avec nos yeux, on a vu de quoi ils sont capables dans les écoles à travers les cahiers journaux et les cahiers des enfants que ceux-là encadrent. Ne parlons même plus des travaux en classe. C'est plutôt nous qui les venons à leur rescousse notamment dans le remplissage des différents documents pédagogiques. C'est encore nous qui donnons des meilleurs résultats dans les écoles privées. Le plus touchant, c'est l'État qui nous avait recruté et avait dépensé des centaines de milliards pour notre formation dans les six( 6) Ecoles Normales Publiques du Bénin sans oublier nos collègues des Ecoles Normales Privées dont leurs parents avaient payé une forte somme également. Soulignons que nous sommes restés sans entrer en possession de nos diplômes jusqu'au aujourd'hui où nous écrivons alors qu'on avait fait trois (3 ) ans de formation au lieu de deux (2) ans pour avoir le diplôme professionnel.

 

Suite à ce grand choc,nous nous posons les questions suivantes: « Qu'est-ce que nous avions soutenu après la théorie, deux fois de suite l'examen pratique,l'examen de fin de formation ? »C'est l'échec qu'on a soutenu ou quoi ? ».

Vraiment, ça fait pitié chères autorités, regardez un peu nos efforts et souffrances durant ces trois (3) ans. Le plus touchant,  tout dernièrement, nos dossiers pour l'autorisation d'enseigner pour faute de diplôme académique baccalauréat(BAC) ont été rejetés alors qu'une décision ministérielle a donné la possibilité d'aller faire le dépôt d'autorisation d'enseigner avant fin août 2020.

 

Une décision que nous les recalés avions tout faire pour respecter. L'autre surprise désagréable, est que nos dossiers sont retrouvés dans les poubelles c'est-à-dire rejetés en juillet 2021 après un an de dépôt des dossiers. Que veut le gouvernement pour les pauvres citoyens ou des enfants des pauvres paysans que nous sommes suite aux multiples difficultés de nos parents en nous envoyant dans les ENI.

 

Au regard de tout ce qui précède, nous demandons humblement à l'État de penser à nouveau à notre situation afin qu'on puisse entrer en possession de nos diplômes ou d'autres alternatives pouvant nous aider un jour à intégrer la fonction enseignante. C'est une grande doléance chères autorités. Nous vous en supplions.

 

Ont signé, les Représentants : 

1- SOSSA Kouessi Pascal

66244624

2-AKPANON Ismaël 64954194

3- AHISSIN Coffi Jérémie 

67548454( ENI Privee)

4-) ZOUNGBEDE Justin 97298003

Rollis HOUESSOU